Son roman policier « Ce qui se dit la nuit », publié aux Editions Calman-Lévy, est paru en février dernier. Le prochain arrivera en février prochain. Elle a accepté de répondre à nos questions et on la remercie.

Elsa Roch
Elsa Roch, auteure

Photo : Frédérique Lourmand

1. Ce qui se dit la nuit est votre 1er roman policier, qu’est-ce qui vous a poussé à l’écrire ?

Le désir de provoquer à mon tour chez les lecteurs ce que je ressentais, moi, à la lecture de certains romans. C’est-à-dire ce plaisir indicible d’être happé par une histoire qui vous emporte loin de tout quelques heures et vous fait rêver, vibrer.

2. Comment avez-vous réussi à être éditée par une grande maison d’édition comme Calmann-Lévy ?

Contre toute attente, le plus simplement du monde. J’ai envoyé mon manuscrit, par mail, et j’ai reçu une réponse positive de Caroline Lépée. Il faut croire que j’ai frappé à la bonne porte, au bon moment ! Mais j’ai attendu très longtemps, des années, avant d’oser envoyer un manuscrit tant un « oui » me semblait impossible à obtenir.

3. Pourquoi avoir choisi le genre policier ?

J’écris depuis mon enfance. J’ai commencé par la poésie, cela a duré des années, cela dure encore, puis j’ai enchaîné par un roman de « littérature blanche » puisque c’était ce que je lisais. A l’époque, le genre policier ne m’intéressait pas, je n’en lisais pas. Trop de « classiques » à dévorer ! Jusqu’au choc. Gone, Baby, gone, de Dennis Lehane. Là, je me suis attentivement penchée sur les polars, parce que je venais de découvrir qu’il pouvait y avoir de l’excellente « littérature noire ». Tout à coup, elle n’était plus le parent pauvre de la littérature, mais une porte ouverte sur un incroyable champ des possibles, qui avait aussi ses lettres de noblesse. J’ai poussé la porte, j’ai essayé, et je me suis sentie chez moi.

4. Que voulez-vous transmettre à travers vos écrits ? Quels sont les grands thèmes abordés dans cette œuvre ? Petit résumé de l’histoire…

Comme je le disais, emporter le lecteur dans un monde autre que le sien un moment serait déjà ambitieux ! Ensuite, il ne me déplairait pas d’arriver à mettre en lumière quelques blessures, de mettre du sens sur de l’insensé qui nous entoure… Ce qui se dit la nuit tourne autour d’une idée, bien résumée par Faulkner : « le passé ne meurt jamais ». Il laisse parfois des cicatrices, qui vont conditionner nombre de nos actes… Ici, dans mon roman, mon héros récurrent, le commissaire Marsac, un flic du 36 à peine quadragénaire mais qui a le sentiment de porter toute la noirceur du monde, retourne faire un break dans le village de son enfance. Et le passé, justement, va exploser. Le sien, et celui des êtres qui lui sont chers, jusqu’à l’irréparable.

5. D’où vient votre inspiration ? Avez-vous des auteurs de référence qui vous ont donné envie d’écrire ?

Lorsque je commence une histoire, c’est parce que j’ai envie d’aborder un thème qui me touche, suffisamment pour m’emporter pendant un an voire plus, et accepter qu’il me hante quasiment jour et nuit… C’est le cœur. Si le sujet ne m’appelle pas, si je ne peux pas être vraie, alors ce n’est même pas la peine d’essayer. Ce sera mauvais ! Tout part donc du sujet. Ensuite vient le temps du travail, « l’inspiration » n’étant pas pour moi quelque chose que l’on convoque et qui répond aussitôt, avide de vous baliser la route ! Quant aux auteurs, oui, bien sûr, certains m’ont donné envie d’écrire. Apollinaire le premier. Pour moi, la poésie reste le point de naissance de la littérature, même lorsqu’elle prend d’autres visages. Je suis une amoureuse du langage écrit.

6. Vous débutez dans ce milieu, y a-t-il des choses qui vous ont surpris en bien ou en mal ? Des satisfactions, des déceptions ou des difficultés particulières ?

J’ai été publiée en février 2017, un rêve se réalisait. Deux mois plus tard, j’étais invitée à Quais du Polar. Second rêve réalisé. Parler de déception serait de l’ingratitude ! Sans compter les fantastiques retours de lecture, que je n’aurais jamais imaginé recevoir un jour. Les seules difficultés viennent de la carapace qu’il faut apprendre à se forger, parce qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, ici comme ailleurs. Et qu’il faut du temps pour attirer à soi les lecteurs.

7. Avez-vous des souhaits particuliers pour la suite de votre carrière ?

Je ne réfléchis pas en termes de carrière, cela serait présomptueux et me paralyserait. Ne pas se prendre au sérieux me semble fondamental, même si le job est fait avec le plus de sérieux possible. J’aimerais juste garder le plus longtemps possible ce plaisir d’écrire et cette envie de faire partager des émotions à travers de belles histoires. Jusqu’à la fin. Avoir cette possibilité-là. Ce cadeau.

8. Quels sont vos projets littéraires ? Autres projets ? Autres passions ?

Le prochain opus, un polar totalement urbain cette fois-ci, paraîtra en février 2018. J’ai tellement aimé l’écrire, aimé mes personnages, que j’ai eu du mal à passer à autre chose. Mais ça y est, je suis lancée dans l’écriture du suivant, et du suivant encore. J’aime ça, j’ai peur de n’être totalement heureuse qu’en écrivant, même si la souffrance n’est jamais exclue du processus. Mais j’aime aussi bien d’autres choses. La photographie par exemple, une manière différente de raconter des histoires. Ou ces moments suspendus passés avec mes amis. Ou la musique. Et mon jardin secret !

9. L’association Plein de Talent a pour but de lancer de jeunes talents. Quels conseils donneriez-vous à toutes celles et ceux qui veulent se faire éditer ?

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le sans cesse, et le repolissez, ajoutez quelquefois, et souvent effacez. » Boileau, toujours d’actualité pour moi. En littérature comme ailleurs, le travail est la clé, relectures multiples comprises. La notion de « don » existe peut-être, mais dans le doute…

Et enfin, osez ! Osez envoyer ! Tous les éditeurs cherchent la perle rare, celui ou celle qui va laisser une trace, et qui sait, c’est peut-être vous. Et même sans s’inscrire dans la durée, donner du plaisir, c’est déjà beaucoup, non ?

Merci Elsa.

Retrouvez-là sur sa page Facebook. Vous pouvez également vous procurer « Ce qui se dit la nuit » sur le site de l’éditeur Calman-Lévy et bien sûr sur toutes les plateformes de ventes en ligne.

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